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Mgr Rey : “Urgence éducative. L’école catholique en débat”

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Emmanuel Tranchant

Comme l’Église, l’école catholique, sa fille, est semper reformanda. Depuis quelques années, tandis que l’ombre du relativisme absolu obscurcit l’horizon culturel de l’Europe, l’enseignement catholique précise son ancrage dans l’anthropologie chrétienne. Le choix de la culture de vie apparaît désormais comme l’urgence éducative qu’invoque Mgr Rey, pour qui l’école constitue un enjeu radical.
L’engagement des évêques, après un long silence, mérite d’être souligné. Dans le sillage de Mgr Cattenoz, de Mgr Dagens et des récents documents épiscopaux sur la formation religieuse et sur la formation affective dans les établissements catholiques d’enseignement, Mgr Rey pose un nouveau jalon pour infléchir la dérive qu’impose à l’école catholique le formatage libertaire de l’Éducation nationale.

Les fondements anthropologiques de l’école catholique sont la substance d’une première partie où sont d’abord pointées les difficultés du contexte éducatif : la « société liquide » — bientôt gazeuse !— que décrit Zygmunt Baumann, maternante, fusionnelle, égotiste, émotive, virtuelle et déréalisée. C’est l’avènement utopique de cet état démocratique dont Guy Coq affirme qu’il rend toute éducation impossible. 

Comment faire du solide avec du liquide, voilà le problème : résoudre l’équation n’apparaît ni possible, ni souhaitable à la modernité tardive. La physique n’y peut suffire dans l’ignorance délibérée de la vérité sur l’homme. C’est pourquoi, selon Mgr Rey, la seule chance de solidification, à laquelle aspire le bon sens des familles, c’est l’école catholique. Elle seule, si elle est cohérente avec elle-même, peut proposer rien moins qu’un programme de reconstruction anthropologique. 

Ce n’est pas le moindre mérite de l’évêque de Fréjus-Toulon que de clamer haut et fort cette capacité primordiale de l’Église et de son école.



Programme d’action

Dans son programme d’action, on sent l’incidence de Benoît XVI sur le réchauffement du climat ecclésial : fini l’âge de glace du mammouth-bis sous contrat, de son hibernation spirituelle et de ses frilosités. Pour Mgr Rey, la première urgence est le retour à la temporalité inscrite au cœur des humanités, elles-mêmes fondées sur le principe de réalité. Cette urgence se décline en plusieurs impératifs : 


Celui de raisonner, qui commence par l’émerveillement grec devant l’être et mène au fructueux dialogue de la foi et de la raison dont dépend la construction de l’intériorité. La rationalité, au cœur des préoccupations de Benoît XVI, repose sur l’adhésion au réel, comme le souligne l’évêque de Fréjus-Toulon.

Celui de dialoguer pour chercher la vérité. La méthode socratique, qui est aussi celle de Jésus, a pour fin l’attestation de la vérité. La « diaconie de la vérité », qui réclame humilité et confiance, est un marqueur de l’école catholique.

Celui de s’engager dans la durée. Il s’agit de redonner son épaisseur au temps : comme l’Église, l’école catholique est eschatologique. Elle institue l’humanité dans la perspective de ses fins dernières et c’est pourquoi elle est dans « l’urgence éducative ». Tout en sachant que cette urgence doit respecter tous les stades de la croissance humaine. Il s’agit donc d’optimiser le temps et d’en harmoniser le cours selon les besoins de chaque âge.

Celui de restaurer l’autorité dont le déni est lié, selon Hannah Arendt, « à la crise de la tradition, c’est-à-dire à la crise de notre attitude vis-à-vis de tout ce qui touche au passé ». Dans le soupçon généralisé qui rend la société post-moderne schizophrène, il faut restaurer la confiance par l’acte d’espérance à la racine de toute éducation. La seule pédagogie qui vaille est celle de l’exemple, celle du témoignage de l’unité de vie de l’éducateur.

Celui d’éduquer à l’amour et à l’affectivité. Le respect de la personne est indivisible du respect de la vie et constitue le noyau dur de l’éducation chrétienne. « Le projet spécifique de l’enseignement catholique…réfère l’éducation affective, relationnelle et sexuelle à la vision chrétienne de l’anthropologie, et l’inscrit dans une éducation plus large à la relation, qui concerne tout le parcours scolaire » dit le récent document de la conférence épiscopale sur ce sujet.

Celui de s’ouvrir à l’universel. L’individualisme et le relativisme entraînent les replis identitaires du communautarisme tribal. L’Église se présente aux jeunes « comme la seule expérience de mondialisation mise en œuvre à l’épreuve des siècles, des haines et des guerres », écrit Mgr Rey. Le cadeau de l’Église au patchwork des tribus est sa catholicité.


Éduquer pour évangéliser



Reste à trouver les moyens de parvenir à ces objectifs. Mgr Rey montre le large éventail des leviers à la disposition de l’école catholique. Outre le fait que son caractère propre lui permet d’explorer de nouvelles pistes éducatives (par exemple, la nécessaire « progressivité de l’entrée en mixité »), l’école catholique dispose déjà des outils éducatifs disponibles grâce à son projet pastoral dans les domaines des apprentissages fondamentaux, de l’éducation intégrale de la personne, de l’acculturation de la foi, de la mixité sociale... 



L’articulation culture religieuse, culture chrétienne, catéchèse/éducation de la foi, qui figurait dans le texte de la conférence épiscopale sur « l’Annonce explicite de l’Évangile dans les établissements catholiques d’enseignement » (2009), doit être intégrée comme colonne vertébrale du projet pastoral de tout établissement catholique.

La « première annonce », l’annonce kérygmatique, constitue une priorité ; pour prendre substance, elle doit s’appuyer sur une école-communauté capable de présenter la radicalité joyeuse de la vie chrétienne, constamment référée à Jésus, le Maître intérieur qui seul enseigne.



En conclusion, Mgr Rey reprend l’analyse que Laurent Lafforgue avait développée en 2009 devant les chefs d’établissement lors du congrès de l’ADDEC sur la crise de la transmission culturelle, et remarque avec Benoît XVI que sans éducation il n’y a pas d’évangélisation profonde ni durable ; qu’il n’y a ni croissance ni maturité ; et qu’on ne parvient à changer ni les mentalités ni les cultures.

« Face à cet horizon, l’école catholique est appelée à un courageux renouvellement. Elle doit mieux assumer son caractère propre et redonner consistance tant à son identité chrétienne qu’à son projet éducatif spécifique. C’est au prix de cette fidélité que l’école catholique peut prendre toute sa part à la mission évangélisatrice de l’Église. »

What else ?

Mgr Dominique Rey


Urgence éducative. L’école catholique en débat


Salvator, 2010, 223 p., 18 €

Documents joints

  • Mgr Rey - 37 ko

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