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Le point sur la non-mixité

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Le livre de Stéphane Clerget, Nos garçons en danger ! (Flammarion), sorti en février 2015, rouvre le débat sur l’opportunité de la mixité scolaire. En France, des voix s’élèvent pour proposer ou défendre la non-mixité ou éducation différenciée. Ce n’est pas une option passéiste, mais une forme de pédagogie qui a pignon sur rue dans de nombreux pays du monde, et en particulier chez nos voisins anglo-saxons.

— Pour Michel Fize (Les pièges de la mixité scolaire, 2003, Presses de la Renaissance), la mixité scolaire a été mise en place pour des raisons pratiques, et l’habillage idéologique n’est venu que plus tard.

— Marie Duru-Bellat, professeur à Sciences-Po, pointe du doigt, dans un rapport à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) de 2010, les inégalités de traitement par les professeurs selon le sexe. Selon des études, en effet, les garçons seraient plus souvent interrogés que les filles, en raison peut-être de leur caractère plus remuant (à 56% contre 44%) ; en revanche, ils seraient également notés plus durement. Il serait donc, scolairement, bon pour l’égalité des sexes, que les professeurs aient à enseigner à des groupes de filles et de garçons séparés… Ce serait, poursuit-elle, bon également pour la liberté du choix des carrières par les élèves ; en effet, constamment sous le regard de l’autre sexe, les filles hésitent à choisir pour elles-mêmes des carrières déclarées « masculines », comme les sciences, tandis que les garçons, à part les cas de vocation déclarée, ne choisissent pas les carrières pointées comme « féminines » : moins de 4% des garçons choisissent, par exemple, les sections littéraires.

Marie Duru-Bellat récemment sur M6

— De son côté, Jean-Louis Auduc, directeur-adjoint de l’IUFM de l’Académie de Créteil, dans son essai Sauvons les garçons (Descartes et Cie, 2009) met l’accent sur les effets néfastes de la mixité pour les garçons. Ceux-ci, en effet, connaissent un fort décalage de maturité par rapport aux filles, dans des domaines essentiels à la réussite scolaire : la pensée langagière, par exemple, indispensable pour comprendre les énoncés des épreuves. Une fille de 12 ans a en moyenne la maturité langagière d’un garçon de 16 ans. De ce fait, il n’est pas surprenant que les deux tiers des jeunes sortant sans qualifications du système scolaire soient des garçons. Ils sont en queue de classe, et la mixité les renforce dans le vieux préjugé qu’un garçon ne saurait être un intello.

— Ces idées sont reprises par Stéphane Clerget, dans son livre, cité en introduction. Celui-ci mène depuis plusieurs années un combat autour de ce thème, que ses consultations en pédopsychiatrie ont renforcé dans ces convictions. En 2011 déjà, il les énonçait dans un autre ouvrage, Nos enfants ont un sexe. Pour lui, un garçon viril se définit par ce qu’il est, non par ce qu’il n’est pas. Il se sent différent des filles, ce qui ne doit pas être considéré comme du mépris. Il ne juge pas pour autant les femmes inférieures. Si un garçon est reconnu et soutenu dans ce qu’il est intrinsèquement et non en vertu d’une étiquette à laquelle il s’efforce de coller, il n’aura pas besoin de se grandir ou de s’affirmer aux dépens de l’autre sexe. La virilité affirmée ne doit pas être dénigrée. Elle est une des facettes de la masculinité. A travers cette mise en valeur de la virilité, et par la médiation d’éducateurs hommes, l’enfant pourra découvrir ce qu’il est, dit Stéphane Clerget.

Autant de voix reconnues, mais un peu isolées, qui remettent en cause le modèle officiel de la mixité.

D’autre part, il existe en France 241 établissements non-mixtes, y compris un lycée d’État, la Légion d’Honneur (pour filles). Et certains ont été créés ces dernières années, sur des initiatives parentales, associatives ou diocésaines (voir annuaire de la Fondation pour l’Ecole).

Une meilleure transparence des résultats scolaires, et le progrès de l’information, à travers internet et les réseaux sociaux, permettent une meilleure connaissance de l’éducation différenciée, et une dilution progressive des vieux stéréotypes auxquels beaucoup l’identifiaient.

En France, une loi du 15 mai 2008 rend de nouveau possibles les classes non-mixtes, autrement dit des dédoublements de classes pour enseigner différemment aux filles et aux garçons.

Mais c’est bien entendu dans les pays anglo-saxons que l’éducation différenciée est considérée comme une réalité courante, que nul ne remet en question. Aux États-Unis, la croissance des établissements différenciés est impressionnante : en 2001, il y avait à peine une douzaine d’établissements publics avec des classes single-sex, et en 2014 750 écoles publiques offrent une ou plusieurs classes single-sex, et 850 sont entièrement single-sex, selon des données publiées par le gouvernement. Dans ces pays, nombreuses sont les études sur les résultats, et abondants les débats sur le thème. Un débat nettement plus riche et nourri que dans notre pays.

Citons d’abord Leonard Sax, dans son essai Why gender matters (« Pourquoi le genre est important », 2005). Médecin et psychologue, il a conduit, avec son association, la NASSPE (National Association of Single-Sex Public Education, « Association nationale pour l’Éducation publique non-mixte »), 542 « démixisations » d’écoles publiques aux Etats-unis, essentiellement dans des quartiers pauvres. Partant de constatations d’ordre biologique, il met en valeur le fait que les différences liées au sexe affectent de nombreux aspects de la perception : des différences de vue, d’ouïe, de toucher, de modalités d’apprentissage, d’activité, de motricité et de structuration du cerveau. En clair : les garçons et les filles sont différents, et on doit leur appliquer des pédagogies différentes.

Les conséquences en sont tirées par Abigail Norfleet James dans Teaching the male brain (« Pédagogie du cerveau masculin », Corwin Press, 2007) : une pédagogie « pour garçons » doit mettre l’accent sur des signaux visuels clairs et simples ; la voix du professeur doit être sonore et son attitude, calme ; les garçons ont besoin de concret, de rencontres avec le réel, de sorties de découverte…

C’est également ce que fait remarquer Jean-Guy Lemery, un pédagogue canadien, dans son ouvrage Les Garçons à l’école (Chenelière Education, 2004). Fécondant, de par sa situation géographique, les cultures francophone et anglo-saxonne, il préconise de « tenir compte du besoin des garçons de se situer dans l’action » et de « favoriser l’usage de la gestion mentale » conçue en France par Antoine de La Garanderie. Bien entendu, il conseille de revaloriser le modèle masculin, pour donner aux garçons une chance de grandir, et de revaloriser, à travers l’école, les « rites de passage » marquant des différences nettes entre les âges de la vie.

Ce débat serait d’autant plus souhaitable en France que, malgré la loi et les faits déjà mentionnés, la mixité tend à être considérée, par de nombreuses personnes, comme un dogme indiscutable. Le livre, cité en introduction, de Stéphane Clerget, sera bientôt complété par un nouvel ouvrage de Jean-Louis Auduc, La Fracture sexuée, à sortir en juillet 2015 aux éditions Faber.

La réalité est que l’éducation différenciée obtient d’excellents résultats, en matière scolaire comme en convivialité ; et elle ne prive personne de l’accès à une éducation mixte. Ce n’est pas l’enseignement mixte qui est progressiste et démocratique : c’est le fait de respecter une diversité qui est très demandée et ne porte préjudice à personne.

Deux grandes valeurs sont certainement à promouvoir : l’égalité des chances et la transmission de valeurs fondées sur le respect et la tolérance. Il reste à prouver que l’enseignement mixte est plus utile à cela, et que ces valeurs sont moins bien promues à travers l’éducation différenciée.

L’éducation différenciée n’est pas un enjeu politique : elle relève avant tout de la pédagogie. On pourrait en dire autant de l’uniforme scolaire : celui-ci est peu à peu sorti des vieux stéréotypes qui l’identifiaient au passé, pour devenir une option parmi d’autres, comportant l’avantage de lutter contre les marques et d’éviter les signes religieux ostentatoires.

Défendre l’enseignement différencié, c’est garder la possibilité de choisir, en faveur de la pluralité et de l’égalité des chances. C’est une question de liberté.

Quelques sites de référence sur la non-mixité

Silvestre BAUDRILLART

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