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L’abbé Quartulli

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Nous reproduisons ici une interview de l’abbé Quartulli, tirée du site de l’Opus Dei.

Docteur en physiopathologie humaine, l’abbé Fabio Quartulli a travaillé quelques années chez Aventis Pharma. Auparavant, durant sa jeunesse, il a fait partie d’une cellule communiste, sans savoir ce que l’avenir lui réservait …

Tout a commencé quand vos parents ont émigré en France…

Après s’être battu durant la seconde guerre mondiale en Albanie et en Russie, mon père est retourné en Italie. Il vivait à Squinzano, un petit village au sud du pays. C’était des années de grande instabilité sociale et il était fermement convaincu que le communisme réglerait le problème de la pauvreté de l’après-guerre. Il était donc —et il continue de l’être— un communiste convaincu. La police a perquisitionné plus d’une fois sa maison à la recherche de pamphlets politiques ou de matériel de propagande car des rumeurs couraient qu’une révolution se préparait.

Comme il ne trouvait pas de travail, mon père a émigré en France où il a été employé comme maçon à Argenteuil près de Paris. Ma mère l’a rejoint peu de temps après. Elle avait reçu une éducation catholique mais ne pratiquait pas la foi. Cela fait que les idées que mes frères et sœurs et moi-même avons apprises étant jeunes, furent celles que nous avons entendues de mon père : justice sociale, lutte des classes,…

Et le communisme vous a-t-il attiré ?

Oui. Moi par exemple, à l’âge de quinze ans j’avais déjà lu le Manifeste Communiste et une partie du Capital de Marx. À cet âge, je me suis inscrit avec ma sœur aînée aux Jeunesses Communistes. Nous faisions partie du groupe de ma ville, la cellule « Ho Chi Minh ».

J’en ai été un membre très actif, jusqu’à ce que je rentre à l’université : nous vendions le journal « L’Humanité », nous distribuions des tracts de propagande, nous recueillions des signatures pour le soutien du parti ou pour d’autres causes comme par exemple la libération de Mandela. Je me souviens que la victoire des socialistes en 1981 fut une grande fête dans ma famille.

En quoi cette idéologie vous attirait-elle ?

Je me suis toujours soucié de justice sociale et du problème de la pauvreté. Le discours sur la lutte des classes et l’idée d’une répartition des biens m’ont intéressé. Mais il y avait cependant quelque chose à laquelle je résistais : l’idée que la révolution justifiait la violence. Des nouvelles nous parvenaient sur les goulags et cela ne me plaisait pas.

Que pensiez-vous de l’Église ?

Il me semblait que son message était bon mais qu’elle ne l’accomplissait pas. Je me méfiais de l’Église comme institution, mais, à ma manière, je croyais en Dieu. Par exemple, lorsque ma mère est morte d’un cancer, ma sœur s’est exclamée que jamais elle ne pourrait croire en un Dieu qui traitait ainsi les personnes. Je lui ai dit que, pour ma part, je continuais à croire et je pense que cela l’a surprise.

Quand avez-vous commencé à pratiquer la foi ?

À 19 ans je suis allé à Paris étudier la biologie. Dans mon groupe d’amis il y avait un catholique pratiquant, Christophe. Ensemble nous parlions de tout et notamment de la foi chrétienne mais il n’insistait pas beaucoup sur ce sujet car il connaissait mes idées. Il encourageait plutôt les autres, ceux qui se disaient chrétiens, à mieux vivre leur foi. Christophe était surnuméraire de l’Opus Dei.

Un samedi, après une fête chez un ami, j’ai raté le dernier train pour rentrer chez moi. Christophe m’a invité à passer la nuit dans son appartement tout en me prévenant que le lendemain il risquait de faire du bruit tôt le matin car il comptait se rendre à la messe de la Madeleine. « J’aimerais venir avec toi —lui ai-je dit. Réveille-moi aussi, s’il te plaît. » Je fis ce geste par curiosité et par politesse, rien de plus.

Cette nuit-là, je remarquai que Christophe avait une brochure chez lui qui s’intitulait « Pourquoi et comment se confesser ? » de l’abbé Augustin Romero. J’ai commencé à la lire et l’ai terminé quelques heures plus tard. Le lendemain matin je fis part à Christophe que je souhaitais aussi me confesser. Peu de jours après —c’était un jeudi, je m’en souviens parfaitement— Christophe m’a présenté à un prêtre de l’Opus Dei. À partir de ce jour j’ai commencé à recevoir le sacrement de la réconciliation toutes les deux semaines.

Et après ?

J’ai commencé à assister aux activités culturelles et spirituelles qui étaient organisées pour les étudiants dans ce centre de l’Opus Dei. Christophe continuait à me faire découvrir un monde nouveau. Je me rappelle maintenant, par exemple, qu’il m’a appris à réciter le chapelet tandis que nous marchions sur les quais de la Seine.

Peu après il m’a proposé de suivre le même plan de vie spirituelle que celui que vivent les membres de l’Œuvre. Comme j’étais alors fiancé il me proposa de demander l’admission comme surnuméraire. Ce n’est que plus tard que je vis que Dieu pouvait me demander la vie entière et je fus alors admis comme numéraire en 1992.

Qu’avez-vous découvert pour changer de la sorte ?

Dans le christianisme j’ai découvert qu’il fallait aider chaque personne, une à une. Le communisme sacrifiait la dignité de la personne pour le bien de la collectivité. Mais tous nous sommes fils de Dieu, ce qui fait que le monde changera quand nous nous aiderons un à un, avec charité. Comme tu peux le constater, je n’ai pas abandonné ma préoccupation pour la justice sociale et la disparition de la pauvreté !

Qu’avez-vous appris dans l’Opus Dei ?

On m’a appris à prier, à fréquenter Dieu personnellement et à faire de l’apostolat. Quand j’étais dans la cellule « Ho Chi Min », nous nous souciions de l’expansion du communisme. Mais c’était différent car ce que nous voulions c’était que les gens appuient le parti. La vie du gars qui venait de nous laisser sa signature importait peu. L’apostolat chrétien est différent : Dieu t’encourage à t’intéresser aux autres, à la situation dans laquelle il se trouve, à ses problèmes.

Quelle a été la réaction de votre famille à votre conversion ?

Normale, car nous avons toujours eu beaucoup de liberté. Ma sœur aînée, celle avec laquelle j’avais milité dans les jeunesses communistes et qui plus tard avait décidé de ne pas croire en Dieu, n’a pas compris ma décision : « alors tu ne vas pas te marier ? » m’a-t-elle dit effrayée.

Et comme la vocation est un trésor que chacun découvre et qui a besoin d’être partagé avec les autres, j’ai commencé par elle. Comme nous étions très en confiance, je lui ai tout expliqué, peu à peu. Maintenant elle est numéraire auxiliaire de l’Opus Dei.

Source :
http://opusdei.fr/fr-fr/article/de-la-cellule-communiste-ho-chi-min-au-diaconat/

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