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Homélie sur Jan Laarman

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(Jan Laarman, élève de Seconde, est décédé de façon soudaine chez lui, le 10 septembre 2013. Il avait passé l’année de 3e à Hautefeuille et venait d’entrer au Lycée)

« Même s’il meurt avant l’âge, le juste trouvera le repos… Il a su plaire à Dieu, et Dieu l’a aimé… Les gens voient cela sans comprendre ; il ne leur vient pas à l’esprit que Dieu accorde à ses élus grâce et miséricorde » (Sg).

Devant le corps sans vie de Jan, ce mardi 10 septembre, vous étiez si désemparés, si atterrés…

Il semblait qu’un immense Pourquoi ? se posait, sans réponse. Pourquoi sa mort, pourquoi lui, si plein de présents et de promesses, alors que c’était notre enfant, notre frère ? Pourquoi alors que l’Eglise et la société ont tant besoin de garçons comme lui ?

« Seigneur, tu as peu d’amis fidèles et capables, et tu permets que la vie de Jan se finisse déjà ».

La seule parole possible, c’est celle de l’espérance, de la foi, d’une confiance plénière en Notre Seigneur.

Dieu dit, par son Eglise, que son âme s’est séparée de son corps ; c’est la mort.
L’Epître aux Hébreux précise bien : « Nous n’avons pas ici notre demeure définitive, mais nous recherchons la future ». C’est l’entrée dans l’éternité.

Et qu’est-il arrivé ? L’âme de Jan, séparée de son corps, s’est présentée devant Notre Seigneur Jésus-Christ pour être jugée.

Pour Jan, un voile s’est tiré, et il a vu Jésus avec les yeux de son âme, face à face. Quel éblouissement ! Tout l’amour, toute la tendresse d’un Dieu qui s’est fait son frère ! Quelle révélation !

Jésus a jugé la brève et lumineuse vie de Jan. Mais ce juge aura été tout simplement pour lui « Jésus », ce Jésus qu’il priait, à qui il demandait pardon de ses péchés dans la confession, qu’il recevait dans l’Eucharistie, et qui était vraiment vivant pour lui.
Jan a fait un camp dans les Alpes cet été. L’aumônier confie que le dernier jour, il a dû célébrer la messe très tôt, dans le froid, sous une toile de tente. « Jan fut le seul garçon qui vint, toujours pieux et recueilli. J’ai prié pour lui tous les jours depuis le début du camp jusqu’à aujourd’hui. »

À sa mort, il portait au cou une chaîne avec son scapulaire du Mont Carmel reçu à son camp et sa croix de baptême.

Alors nous savons qu’il aura donné à ce Jésus la joie de le juger. Peut-être que Jan, face à la si éblouissante beauté de Dieu, aura-t-il voulu se purifier au purgatoire pour être saint et sans tache en sa présence.

Il y a cette photo, prise au terme d’une ascension en montagne lors des vacances familiales. Son symbolisme est d’une force émouvante. Jan est arrivé au sommet, l’air radieux, et il pose la main sur la croix que les montagnards aiment ficher au sommet. Elle exprime ce qui est sans doute arrivé. Très vite, plein d’allant, il est parvenu au sommet, bien avant les autres.

Que faut-il comprendre ?

Le silence redoutable qui vous enveloppait a été peu à peu habité, doucement, par ce que vos amis, à vous les parents et à vous les filles, vous exprimaient.

Et votre peine s’est éclairée, teintée de plus en plus d’espérance.

Vous m’avez confié qu’alors Jan a modifié votre vision de l’humanité et de la puissance de la religion. Vous avez été stupéfaits de la force des soutiens reçus : amitié, sympathie, foi chrétienne.

Vous voulez leur manifester une reconnaissance qui n’est pas de circonstance.
Ils vous ont permis de toucher du doigt « la fameuse force de la prière des autres dont vous aviez souvent entendu parler mais qui ne s’était jamais clairement exprimée pour vous ».

Vous avez parlé d’une véritable révélation. Ce furent des grâces, comme si une grue vous avait attrapé par le col pour vous tirer de l’abîme.

La grue, ce fut ceux qui sont accourus, les paroles, les sourires.

Et puis surtout, vous avez découvert que ce que vous saviez de votre fils était partagé par d’autres ; que l’image que vous en aviez n’était pas une construction de vos esprits trompés par l’amour parental : c’était bien lui.

Sa vie

Les questions demeurent, mais n’est-il pas vrai que peu à peu le mystère de sa mort s’éclaire, qu’un sens se dégage ?

Certes, Dieu ne se soumet pas toujours à nos questions, il demande la confiance, l’abandon.

St Josémaria disait que Dieu n’est pas comme un chasseur qui guette un faux pas de l’animal chassé pour l’abattre. Il est comme un jardinier qui cueille la rose quand elle est en fleur.

Cette heure est peut-être venue très tôt pour Jan.

À regarder sa vie, on s’aperçoit, a posteriori, qu’il était prêt, qu’il y avait une forme d’épanouissement, d’achèvement qu’on ne trouve guère chez un adolescent de son âge.

Il y avait aussi peut-être un pressentiment que sa fin était proche, un pressentiment ou une motion de l’Esprit Saint.

Vous ses parents aviez tâché de lui donner la meilleure éducation, outre une immense tendresse : vous avez écrit :

« Jan vécut dans une famille aimante et unie, il a toujours habité les plus beaux endroits de la Terre, fréquentant les meilleures écoles, avec les meilleurs professeurs, les meilleurs camarades…

Sa maman lui faisait lire les plus beaux livres, son papa écouter les plus belles musiques, se promener dans les plus beaux paysages, faire des retraites dans les plus beaux monastères.

Ses vacances se passaient dans les plus beaux endroits.

Il est mort d’un coup, sans souffrir. Il n’aura pas connu la guerre, ni la violence, ni l’injustice, ni la peur, ni la solitude, ni même l’insulte ou la grossièreté.

Nous avions eu le temps de lui dire tout ce que nous voulions avant qu’il ne meure. »
Vous aviez remarqué que ces derniers temps, dans le plus grand calme, il accélérait le pas, sa maturité intellectuelle grandissait très vite, il se passionnait intelligemment pour les questions de société, il s’engageait pour défendre les grandes vérités mises à mal. Ses discussions se faisaient profondes, ses lectures exigeantes : sur sa table de nuit, il y avait les « Mémoires du Maréchal de Marmont » ; à 14 ans !

Au même moment, il regardait le mal en face, sans s’émouvoir ni perdre la paix et sa bonne humeur. Et jamais, on n’a entendu de lui une parole négative sur un camarade. Ses goûts musicaux se faisaient exigeants, il découvrait les symphonies de Mahler, et il travaillait dur en classe. Déjà l’an dernier, professeur de religion, j’étais, parfois, étonné de la profondeur et de la justesse des travaux qu’il remettait.

Au début de cette année scolaire, les professeurs de son Lycée, cherchant l’élève qui ferait l’unanimité parmi ses camarades, et qui était finalement le meilleur d’entre eux, lui avaient proposé d’être le délégué pour bien démarrer l’année.

Mais revenons bien en arrière. Alors qu’il était en cours préparatoire, Jan, sur un lit d’hôpital, entendit un grand professeur de pneumologie, entouré de ses internes, annoncer qu’il ne parviendrait sans doute jamais à l’âge adulte. L’enfant ne releva pas tête et continua la besogne qui l’occupait.

Il était pourtant conscient. Une équipe de cardiologues de réputation mondiale venait de déclarer forfait sur son cas, et ne s’en était pas cachée devant lui.

Au fur et à mesure que ses parents s’affolaient, il restait concentré. Jamais il ne posa aucune question sur sa maladie. Jamais il n’en prit prétexte pour se faire plaindre ou être paresseux.

Mais, avec le passage des ans, tout semblait devoir s’arranger. Il devint grand et fort. A 14 ans, il faisait preuve d’un courage joyeux et d’énergie. Tout l’été, il étonna ses amis et sa famille, franchissant des montagnes à VTT, escaladant des sommets.

Cette énergie était un don de la Providence qui répondait à un besoin profond de cet enfant qui, sans doute le pressentait-il, n’avait que peu de temps à vivre. Les derniers mois de sa vie, il se couchait de plus en plus tard, absorbé par des bricolages de plus en plus compliqués, et répondait à ses parents qui s’en inquiétaient avec les mots d’Einstein : « Je dors peu, mais je dors vite. »

Parents, vous avez découvert ses affaires parfaitement en ordre.

Ainsi, par exemple, et entre autres, des jeux pour Théobald rangés, que Jan jugeait aujourd’hui trop petit pour les utiliser. Des boîtes bien rangées attendent.

Et dans le coin, le plus près possible de l’endroit où il est mort, il y avait tous ses objets pieux, rangés, que, Madame, vous croyiez perdus depuis longtemps : un scapulaire, reçu d’un prêtre au moment où vous aviez appris la nouvelle de la malformation de Jan. Une chaîne, avec plusieurs médailles : une grande, celle de Notre Dame du Bien Mourir, et quatre petites médailles miraculeuses. Comme sur vos photos de famille (où Jan est au dessus ou entoure ses frères et sœurs), vous osez y voir un symbole : Jan qui protège les quatre petites âmes de ses frères et sœurs.

« Il a traversé la vie comme un ange ». Oui, je crois. Il n’est que de voir l’émotion de ses camarades.

Maintenant Yann est dans l’éternité, avec son Seigneur.

Nous offrons pour le repos de son âme le sacrifice de Notre Seigneur auquel nous nous unissons de toute notre âme.

Nous prions pour lui,

Mais aussi peut-être nous lui demanderons, secrètement au fond de notre cœur, un coup de main, comme il l’a fait si souvent, et de mille manières discrètes au long de sa brève vie.

Confions son âme, sa belle âme à Notre-Dame, la douce Sainte Vierge Marie et à Saint-Joseph, le patron de la bonne mort.

Amen.

Abbé de Chomereau

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