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Ecole : la fracture sexuée, par J.-L. Auduc

samedi 27 février 2016

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Jean-Louis AUDUC, docteur en Histoire, a publié plusieurs ouvrages sur le système éducatif français et a dirigé une collection de manuels scolaires et d’éducation civique. Il a publié en 2009 Sauvons les Garçons (Descartes & Cie). Il met l’accent dans cette dernière œuvre sur « le sexe faible à l’école : les garçons » et propose des pistes pour éviter cet échec qui les menace principalement.

La première partie du livre est un relevé des études qui rendent patent cet échec des garçons. En effet, les statistiques de l’échec scolaire, quand elles distinguent filles et garçons, sont extrêmement éloquentes : sept garçons sur dix sont en échec, contre trois filles sur dix.

Voir sur ce sujet Le Café Pédagogique

D’autre part, il est faux de dire, comme on l’entend parfois, que les filles seraient moins nombreuses dans l’enseignement supérieur. Actuellement, de nombreuses filières professionnelles sont largement féminisées : enseignement, magistrature, médecine… Les filles trouvent également du travail plus vite que les garçons.

Que s’est-il donc passé ? La mixité n’aurait-elle pas tenu ses promesses ? D’une part, il est un peu aventureux de parler de promesses, dans la mesure où la mixité, en France, a surtout été la conséquence d’un baby-boom insuffisamment anticipé, et n’a été aucunement prévue ni pensée à l’avance. La mixité scolaire, dans le contexte d’une société où les genres sont très marqués — cela dépend, bien sûr, des familles et des styles éducatifs, mais les jeux, les vêtements, la télévision jouent un rôle important —, est tournée vers l’accentuation de certaines différences. La réussite scolaire est globalement ressentie comme féminine, la paresse et la violence comme masculines. Qu’il suffise de penser à Ducobu, le cancre, et à son opposite, Léonie Gratin, la première de classe.

« Lire est considéré comme une activité de filles, alors que les écrans sont masculins », constate le comité de prévention de l’illettrisme en Île-de-France, en 2010. Des professions entières sont également désertées par les filles ou les garçons. Au Portugal, par exemple, les mathématiciens sont majoritairement des mathématiciennes, et en Inde, les ingénieurs sont majoritairement des ingénieures. Même en Italie, les diplômées en matières dites scientifiques sont majoritaires, alors qu’en France, le pourcentage n’est que de 36% (p. 41).

Un indice important serait le fait que, dans certains milieux, les garçons sont considérés comme de « petits rois » et ne sont pas invités à participer aux tâches ménagères par leurs parents. Ces tâches concrètes sont un excellent acteur de préparation à la vie scolaire, dans les cinq étapes que certaines études définissent : l’énoncé, la réponse immédiate, la réflexion ou vérification, la correction et la finalisation. Apparemment, les garçons sont beaucoup plus lents que les filles à maîtriser ces cinq composantes d’une tâche. Il est très difficile de les faire se relire, ce qui est la troisième étape. Une chercheuse française, Céline Guérin, l’a montré de façon très précise (p. 53).

La voie serait à chercher dans une différenciation de la pédagogie qui s’adresse aux filles et aux garçons. Tout d’abord, aider les garçons à bien parcourir l’ensemble des étapes de la réalisation d’une tâche. Ne pas hésiter, également, à choisir des enseignants masculins (même des étudiants) pour faciliter l’identification de l’élève à son maître. Pour faire entrer le garçon dans la lecture, lui donner à lire des œuvres proches de ses centres d’intérêt : aventure, action, policier, humour, épopée… Faire travailler les pères en leur proposant de lire quelque chose à leur fils (p. 70).

Le garçon a également besoin de rites d’initiation, de transmission et d’intégration, qui lui permettent de mieux vivre sa croissance. Pourquoi les programmes d’éducation civique ne proposeraient-ils pas un « rite de passage » à 13 ans (p. 81) ? Quelques épreuves, telles le grimper, les campements « sauvages », les rallyes d’orientation nocturnes, seraient à conseiller. Pour aider à la valorisation de chacun, quel qu’il soit, des cérémonies comme la distribution de prix ou de médailles seraient à remettre à l’honneur (p. 84).

Etant donnée la féminisation rapide de certains métiers (magistrats, médecins, vétérinaires, conservateurs du patrimoine), il serait important de les présenter en valorisant les acteurs masculins encore en exercice, avant que la tendance ne devienne irréversible, comme cela semble être le cas actuellement, par exemple, pour l’enseignement. Faire venir dans les établissements scolaires des « témoins », hommes ou femmes, des professions que l’on veut valoriser (p. 93).

La solution phare proposée par Jean-Louis Auduc n’est pas l’école non-mixte, mais les moments séparés à l’intérieur de la classe mixte, sur le modèle de ce qui se vit actuellement dans l’école scandinave (p. 56). Il recommande aussi la différenciation des approches pédagogiques, fondée sur une meilleure formation des enseignants. Ce besoin de temps séparés, d’enseignants masculins et de pédagogie différenciée ne peut qu’enrichir à la fois l’enseignement mixte et l’enseignement non-mixte, en montrant leur complémentarité et leur utilité au service des besoins pédagogiques des familles et de la société.

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